Joseph Anglade

JOSEPH ANGLADE , enfant de Lézignan…

Le Professeur Joseph ANGLADE est né à Lézignan-Corbières le 11 Octobre 1868 et décédé à Toulouse le 13 juillet 1930.

Fils d’un modeste artisan et petit viticulteur, Joseph ANGLADE quitta Lézignan dès son jeune âge, pour aller faire ses études secondaires au Petit Séminaire à Carcassonne d’abord au Lycée de Toulouse ensuite. Tour à tour inscrit aux facultés des Lettres de Toulouse et de Montpellier, il conquit ses grades de licencié (1892) et d’agrégé (1896).

A Montpellier se dessina sa vocation de romaniste. Il y fut l’élève et bientôt l’ami de Camille CHABANEAU, grand romaniste qui lui légua ses manuscrits et ses notes.

Ayant obtenu une bourse de voyage, il alla en Allemagne aux Universités de Bonn et de Fribourg suivre les cours des maîtres réputés de la philologie romane. Il rapporta de ce séjour de deux ans (1898-1899) une connaissance approfondie de la langue et de la littérature allemande en même temps que la pratique très exercée des méthodes linguistiques et la philologie en honneur outre-Rhin.

D’abord professeur au Collège de Béziers, il exerça successivement aux Lycées de Tulle, La Roche sur Yon, Montpellier et Bordeaux. Dans ces divers postes, il ne négligeait aucune occasion de se familiariser avec les divers dialectes des pays occitans. Mais l’enseignement supérieur lui ouvrit bientôt ses portes.

Il s’était fait connaître par une intéressante étude de phonétique sur « le Patois de Lézignan » (1897) et d‘autres publications de moindre importance, quand il soutint brillamment en Sorbonne sa thèse de docteur ès lettres sur le troubadour Guiraud RIQUIER (1905). Aussi fut-il bientôt maître de conférences de langue et littérature françaises à la Faculté des Lettres de Nancy (décembre 1905)  après avoir été maître suppléant à la Faculté des Lettres de Rennes.

C’est à Nancy qu’il publia son livre sur Les Troubadours, ouvrage de vulgarisation sur la vie et les œuvres des grands poètes occitans du Moyen-Age.

Le 1er février 1910, la chaire de langue et littérature méridionales de Toulouse étant vacante, il succéda à MM. Antoine THOMAS et Alfred JEANROY. Désormais il se classe au premier rang parmi les romanistes de France et du Monde. Il fonde à Toulouse en 1914, l’Institut d’Etudes Méridionales où il se charge pour sa part de la philologie. Les Académies de Toulouse ne tardent pas, en effet, à  l’incorporer : Société Archéologique du Midi de la France (1910) Académie des Jeux Floraux (1911) Académie des Sciences, Inscriptions et Belles Lettres.  (1918).

Alors Joseph ANGLADE est en pleine production littéraire : grammaires, ouvrages littéraires, anthologies, publications de textes, études historiques et philologiques se succèdent sans interruption. Parallèlement, il envoie ses communications aux diverses Académies, il donne des cours publics, il effectue des missions à l’étranger (Italie, Catalogne,) et établit des relations étroites avec des romanistes comme celles qu’il avait avec ceux d’Allemagne ou d’Autriche. Il collabore à différentes publications de TOULOUSE, PARIS et même de l’étranger.

Joseph ANGLADE ne néglige aucune occasion pour répandre partout la connaissance et l’amour de notre pays occitan, de son histoire et de sa langue. D’ailleurs à côté de tous ces ouvrages éminents et sérieux, il collaborait à « La Cigalo Narbouneso » publication des félibres locaux où paraissaient quelques farces et galéjades sous le pseudonyme de Jan Pèire.

Il joua un rôle important dans la Félibrige : il fut élu Majoral et reçut la Cigale d’or. Fondateur de l’ « Escola Occitana » il devait en être Jos-Capiscol puis Capiscol en 1927.

Il fut l’équivalent pour le Languedoc de Frédéric MISTRAL.

Ce qui le caractérisait tout d’abord, c’était une inaltérable simplicité. Enfant du peuple, il l’est demeuré toute sa vie et ni ses titres ni ses distinctions ne l’ont jamais grisé. Travailleur acharné, il était la droiture même.

Cet amour pour la langue et le pays d’Oc se retrouvent dans son amour pour son pays natal : Lézignan. Quelle saveur avait ce nom sur ses lèvres ! Presque toutes les semaines, le jeudi soir, on voyait descendre de l’express de TOULOUSE, un homme de haute taille, à la moustache blanche, la canne éternellement pendue à son bras gauche, traînant un peu la jambe, se dirigeant lentement comme un seigneur dans son domaine et remontant l’avenue, sans saluer les personnes à cause de sa forte myopie. Mais il était affable chez lui à Lézignan, partageant son temps entre l’étude, la chasse et la fréquentation de ses amis.

S’intéressant à la vie quotidienne de ses concitoyens, il fut conseiller municipal et c’est en partie grâce à lui que le Rugby s’est implanté dans notre ville : il en avait rapporté les rudiments de TOULOUSE. Il ne put pratiquer toujours à cause de sa myopie mais s’impliqua comme dirigeant et suivit les exploits du « Football-Club Lézignanais ».

A Lézignan enfin il consacra sa dernière publication « les origines de Lézignan » comme il lui avait consacré la première.

 

C’est à Lézignan qu’il repose au sein de cette terre occitane qu’il a tant aimée et dont il a su communiquer le culte à ses disciples. Son buste est en bonne place au Jardin Public. Le monument est l’œuvre d’un artiste de talent, Joachim COSTA, natif lui aussi de Lézignan et constitue l’hommage offert à la mémoire du Professeur Joseph ANGLADE par ses amis et ses admirateurs.

 

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