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Pour la ville

Publié le 6 avril 2022


Aujourd’hui, dans la rubrique «Culture et Patrimoine de Lézignan» nous allons vous parler de «La Surprise», également appelée de manière plus populaire «La Capounade».

La première « Capounade » (photo 2) a été commandée en 1905 pour un montant de 15 000 F et a été créé par le sculpteur français Paul Ducuing (1867-1949). Quelques années plus tard, elle a été placée près du Square Marcelin Albert dans le jardin public Victor Hugo. Puis, en 1933, elle a été déplacée du côté de l’Avenue Maréchal-Joffre afin que le buste de Joseph Anglade soit érigé à sa place. C’est sous le régime de Vichy, et plus précisément en 1943, que la première « Capounade » a disparu. La statue a en effet été emportée par l’armée hitlérienne qui avait envahi notre ville, puis a été fondue à Düsseldorf.

70 ans plus tard, une nouvelle « Capounade », conçue par l’artiste Arthur Saura (1928-2019), a été installée dans le jardin public à l’emplacement que nous connaissons aujourd’hui.

Mais que représente cette œuvre ?

Le jeune homme semble vouloir écraser une grappe de raisin sur le visage de la jeune femme. Il s’agit d’une coutume propre aux vendanges et pratiquée notamment dans le Sud de la France.

Le livre de Arnold van Gennep « Farces et amusements des vendanges en France » explique que cette tradition a plusieurs origines et significations. Ce geste peut être vu comme une farce ou bien encore comme une démonstration d’amour et d’amitié. De manière plus superstitieuse, cette action était faite pour éloigner le mauvais sort et favoriser la fécondité. L’auteur explique également dans son ouvrage qu’il s’agissait d’une sorte de baptême ou d’initiation pour les nouveaux vendangeurs ou, bien encore, d’une douce réprimande pour ceux qui travaillaient négligemment lors de la récolte du raisin.

Quoi qu’il en soit, ce geste rappelle notre belle culture locale.

Sources :

Fonds Debuisson Base Palissy, ministère de la Culture (1994), Dominique Perchet, Arnold van Gennep, L'indépendant.